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Comparaison de la qualité biologique de l’Eau d’Heure entre 2008 et 2017

Lors du premier semestre 2017, Alice Peeters, étudiante en 2ème Master en Biologie à l’UCL a réalisé un stage au sein de la Cellule de Coordination du Contrat de Rivière Sambre et Affluents.

Outre l’immersion dans le monde du travail, Alice avait également à charge la réalisation d’une étude dontl’objectif était d’analyser l’impact de la station d’épuration de Walcourt sur la qualité biologique de l’Eau d’Heure. Pour ce faire, des prélèvements ont été réalisés sur différents sites de la rivière. Cela a permis de déterminer l’indice biologique global normalisé (IBGN). Enfin, ces résultats ont permis la comparaison avec des travaux réalisés précédemment en 2007 et 2008 pour avoir une idée de la situation 10 ans après.

Pour rappel, l’Eau d’Heure est un cours d’eau non navigable prenant sa source dans le bois de Cerfontaine. Il arrive au lac de l’Eau d’Heure via le lac de Falemprise. Il traverse ensuite neuf villages avant de se jeter dans la Sambre à Marchienne-au-Pont. Les principales pressions exercées sur le cours d’eau sont la densité de population, les anciennes industries, l’agriculture et les variations importantes de débit dues aux barrages de l’Eau d’Heure.

Depuis quelques années, une station d’épuration de 4200 Equivalent Habitant a été construite à Walcourt. En plus du prétraitement (élimination des gros résidus par dégrillage, dessablage et déshuilage) et du traitement primaire (décantation des matières en suspension), cette station d’épuration réalise le traitement secondaire qui consiste à éliminer la matière organique des eaux usées par des bactéries. Cette station d’épuration reprendra à terme les eaux usées des villages de Silenrieux, Walcourt, Chastrès et Pry qui longent l’Eau d’Heure.

Schéma – type de l’assainissement collecti f © UVCW – Aquawal 

 

En mai 2017, l’épuration aurait dû déjà être fonctionnelle à Walcourt mais des contraintes de terrain ont reportés la fin des travaux à la fin 2017. Actuellement, l’acheminement des eaux usées vers la station n’est opérationnel que pour le village de Pry. Malgré ce retard, il a été décidé de réaliser les IBGN sur différents segments afin d’obtenir une situation « Temps 0 » avant la reprise totale des eaux usées par le collecteur en amont de Walcourt. En ce qui concerne le village de Pry, les eaux usées étant déjà remontées vers la station d’épuration, l’objectif était de montrer une amélioration de la qualité de l’eau.

Des différents résultats obtenus, il ressort que la qualité biologique de l’Eau d’Heure se maintient en amont de Silenrieux, se dégrade faiblement entre l’entrée et la sortie de Walcourt (possible conséquence d’un accroissement de la pression anthropique).  La qualité s’améliore par contre légèrement au niveau du village de Pry.

À Pry, l’eau est moyennement bonne et la qualité de l’eau s’améliore de façon marquée. En effet, le retour d’une espèce indicatrice comme l’Ephemeridae, espèce polluo-sensible, illustre les bienfaits de l’épuration de l’eau au niveau du village de Pry.

L’observation, lors des sorties de terrains à Pry, d’un nid de chabot, des truitelles de l’année et du martin pêcheur sont des signes que la chaine trophique est bien représentée et donc que l’écosystème fonctionne.

En parallèle à cette campagne IBGN, Alice a réalisé un relevé des rejets d’eaux usées, encore bien trop nombreux, se déversant dans l’Eau d’Heure entre Silenrieux et Pry. Ces données serviront de bases à la mise en œuvre d’actions concertées entre la Ville de Walcourt et l’Inasep afin d’améliorer la collecte des rejets.

Un autre facteur entrant en compte pour ce travail est la qualité hydro-morphologique, bien qu’elle n’ait pas ou peu changé depuis 2007.

Un obstacle à la libre circulation du poisson a été levé derrière la salle « La silène » et une redynamisation du cours d’eau en aval a également vu le jour. Suite à la cessation d’activité du club de pêche « La Truite d’or », la vanne de l’étang est ouverte en permanence. Cela peut influencer la quantité de micro-habitat sur un tronçon et donc une variation d’espèces dans certaines zones.

En conclusion, actuellement, à Pry, l’épuration fonctionne. Pour la zone amont, il est encore trop tôt de dire s’il existe un effet de la station d’épuration de Walcourt sur la qualité biologique de l’Eau d’Heure (IBGN). Mais au vu de la légère chute des résultats on ne peut attendre qu’une amélioration de qualité et saluer les investissements réalisés en faveur de l’épuration des eaux. Dans le futur, le CRSA souhaite compléter le tableau de résultats grâce à des analyses d’eau.