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Zoom sur les plantes aquatiques invasives

21 Juin,2021 | Plantes invasives

Figure 1: Azolla filiculoides envahissant l’étang du parc Nelson Mandela à Charleroi (crédit photo: CRSA)

Initialement importées pour leur pouvoir oxygénant, les plantes aquatiques exotiques envahissent les eaux de surface.

Une espèce est considérée comme invasive lorsqu’elle est à la fois exotique, et envahissante.

Mais qu’est-ce qui explique l’expansion massive des plantes aquatiques invasives ?

Ces plantes ont été introduites en grandes quantités par les particuliers et professionnels, majoritairement pour leur pouvoir oxygénant. Les plans d’eau sont souvent dégradés (eutrophisation, …), et propices à la colonisation par ces opportunistes. Etant super compétitives, les plantes aquatiques invasives tendent à capter toutes les ressources, qui viennent à manquer à la flore indigène.

Une fois en place, les graines et les boutures sont transportées par l’eau, les oiseaux, ou encore les hommes lors de leurs activités (pêche, plongée, rempoissonnement, …), contaminant des points d’eau parfois isolés. Les eaux stagnantes chaudes et ensoleillées sont envahies de manière anarchique, parfois jusqu’à être asphyxiées… un comble pour des plantes « oxygénantes ».

Les conséquences sont néfastes : les plantes indigènes sont assaillies, les poissons et macro-invertébrés étouffent. Plus largement, le bon fonctionnement de l’écosystème « plan d’eau » n’est plus assuré. Les rayons lumineux sont interceptés à la surface et ne pénètrent plus dans l’eau. L’écoulement libre des eaux est limité, accentuant les phénomènes de crue. La navigation est obstruée, la valeur récréative des plans d’eau est diminuée.

Qui sont-elles ?

En Wallonie, 7 espèces font actuellement l’objet d’un inventaire détaillé :

Figure 2: Myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum) ©Etienne Branquart

Figure 3 : Myriophylle hétérophylle (Myriophyllum heterophyllum) ©Andreas Hussner

Figure 4 : Hydrocotyle fausse-renoncule (Hydrocotyle ranunculoides) ©NNSS GB Non Native Species Secretariat

Figure 5 : Jussie à Grande fleurs (Ludwigia grandiflora) et Jussie rampante (Ludwigia peploides) ©Tn Mike

Figure 6 : Cabomba de Caroline (Cabomba caroliniana) ©Johan Van Valkenburg

Figure 7 : Crassule des étangs (Crassula helmsii) © Andrea Hussner

Pour vous aider à les identifier, des fiches complètes sont disponibles sur le site de la Wallonie consacré à la biodiversité .

D’autres espèces préoccupantes sont établies chez nous, ou pourraient le devenir (liste non exhaustive): Azolla (Azolla filiculoides) ; Egérie dense (Egeria densa) ; Elodée à feuilles alternes (Lagarosiphon major) ; Elodée de Nuttall (Elodea nuttallii) ; Elodée du Canada (Elodea canadensis) ; Hydrille verticilée (Hydrilla verticillata) ; Lentille d’eau minuscule (Lemna minuta) ; Myriophylle à tige rouge (Myriophyllum brasiliensis) ; Pontédérie à feuilles cordées (Pontederia cordata) ; Vanille d’eau (Aponogeton distachyos).

Que faire pour limiter leur propagation ?

Aujourd’hui des actions sont menées pour limiter leur production et vente, mais c’est également au citoyen d’agir :

  • Apprendre à les reconnaitre : http://biodiversite. wallonie.be/invasives;
  • Les signaler au service environnement de votre commune et sur biodiversite.wallonie.be/enquetes/;
  • Ne pas les acheter, ni les vendre ;
  • Faire attention de ne pas les propager lors du nettoyage des pièces d’eau, ou lors d’activités qui nécessitent le déplacement de matériel en contact avec l’eau.

Et à la place, on met quoi dans les plans d’eau ?

Plusieurs plantes aquatiques bien de chez nous sont à la fois oxygénantes, esthétiques et bénéfiques pour les écosystèmes, privilégions-les.

Le schéma et le tableau suivant reprennent une liste (non exhaustive) de plantes aquatiques réparties suivant leurs zones d’implantation adéquate, que vous pouvez vous procurer dans les pépinières et magasins d’aquariophilie.

Le Contrat de Rivière Sambre et Affluents peut vous conseiller dans vos projets de gestion de vos plans d’eau.

Sources :