Le CTSBH de la Sambre a eu lieu le 14 septembre 2026 à Charleroi. Son objectif était de préparer les prochains cycles des Plans de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI 2028-2033) et des Programmes d’Actions sur les Rivières par une approche Intégrée et Sectorisée (PARIS 2028-2033).
Les Comités techniques par sous-bassin hydrographie (CTSBH) sont organisés par les contrats de rivière de Wallonie et la Région Wallonne et rassemblent les acteurs et gestionnaires des cours d’eau autour des enjeux liés à l’eau : les communes, les services provinciaux et régionaux, les intercommunales et les services de secours.
La gestion des risques d’inondation : une obligation européenne
Pour rappel, la Directive Inondations européenne (2007/60/CE) fixe le cadre pour l’évaluation et la gestion des risques d’inondation afin d’en réduire les conséquences négatives dans différents domaines (santé, économie, environnement…).
Sur cette base, les États membres doivent mettre en place un dispositif permettant :
- D’identifier les zones à risque d’inondation ;
- De cartographier les aléas et les risques ;
- D’élaborer et mettre en œuvre des plans de gestion (PGRI) ;
- De coopérer à l’échelle des bassins hydrographiques ;
- D’informer et consulter le public.
Ce dispositif doit être actualisé tous les 6 ans.
Lors de cette journée, les échanges ont permis d’identifier plusieurs actions prioritaires qui alimenteront les prochains Plans de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI) et Programmes d’Actions sur les Rivières (PARIS) pour la période 2028-2033. Le Contrat de Rivière Sambre & Affluents jouera notamment un rôle de relais en matière de sensibilisation, de partage d’expériences et d’organisation de formations à destination des acteurs de terrain.
Agir sur la prévention face aux inondations

Les participants soulignent la nécessité de renforcer la coordination entre les communes, les services régionaux, les gestionnaires de voiries et d’égouttage, les agriculteurs et les citoyens. La solidarité amont-aval entre les communes reste un des éléments indispensables à la bonne gestion des inondations. La gestion du ruissellement doit être envisagée à l’échelle du bassin versant afin d’éviter de déplacer les problèmes d’un territoire à l’autre.
Parmi les pistes d’action identifiées figurent :
- une meilleure prise en compte du risque d’inondation dans l’aménagement du territoire ;
- la désimperméabilisation de certains espaces afin de favoriser l’infiltration naturelle de l’eau ;
- la préservation des zones humides et des espaces naturels qui jouent un rôle de tampon lors des fortes pluies ;
- le développement de haies, plantations et autres solutions fondées sur la nature pour ralentir le ruissellement.
Les participants ont également souligné l’importance d’améliorer la connaissance du territoire grâce à des inventaires, des cartographies actualisées et à la constitution de cadastres historiques des inondations.
Une meilleure information et sensibilisation des citoyens figurent également parmi les priorités identifiées.
Les principales difficultés concernent le manque de moyens humains, la saturation des réseaux d’égouttage, l’identification des propriétaires et exploitants agricoles, ainsi que et le manque de levier pour les interventions situées sur terrain privé.
Mieux connaître les points sensibles pour mieux agir
Les communes souhaitent renforcer leur connaissance du territoire en recensant les fossés, le réseau d’égouttage, les zones de ruissellement et les secteurs régulièrement touchés par les inondations.
L’entretien des infrastructures hydrauliques et la mise en œuvre d’aménagements adaptés sont également au cœur des discussions.
Pour optimiser les moyens disponibles, un des pistes évoquées est la mutualisation d’achats de matériel, et le partage d’expériences sur les travaux effectués.
Pour lutter contre le ruissellement, l’accompagnement proposé par la cellule GISER du SPW aux communes est très précieux. Une concertation avec les agriculteurs est parfois nécessaire pour agir sur les causes du ruissellement, grâce à un accompagnement de Natagriwal.
Préparation, gestion de crise et retour d’expérience
Les échanges ont également mis en évidence la nécessité de renforcer la coordination entre les communes, les services de secours et les autorités provinciales afin d’améliorer la gestion de crise.
En cas de crise, il est important de pourvoir compter sur une communication efficace entre les zones de secours et les communes afin de connaître les moyens humains et matériel disponibles : : sacs de sables, barrière, pompes, batardeau, mais aussi les capacités d’accueil des sinistrés.
La création d’un inventaire partagé des moyens disponibles ainsi que l’organisation d’exercices de simulation permettront de mettre ces moyens en commun.
Les participants ont également souligné l’importance d’associer systématiquement les responsables des plans d’urgence (PLANU) et de formaliser les réunions de retour d’expérience après chaque événement.
Enfin, la sensibilisation des citoyens et la diffusion d’informations pratiques avant une inondation constituent des leviers essentiels pour renforcer la résilience des territoires.

Gestion des cours d’eau (PARIS) : curage, ripisylves et points noirs
Les échanges de l’après-midi ont rappelé l’importance d’une gestion adaptée aux caractéristiques de chaque cours d’eau, en tenant compte des enjeux hydrauliques, écologiques et des responsabilités des gestionnaires et des riverains.
En matière de curage, les pratiques évoluent vers un entretien plus ciblé et priorisé en fonction du risque d’inondation. La gestion des boues reste toutefois une problématique et peut aussi engendrer une entrave à l’écoulement en cas de stockage sur les berges.
Les discussions ont mis en évidence le besoin, pour les communes, de mieux connaître les obligations réglementaires, les possibilités d’intervention ainsi que les bonnes pratiques d’entretien et de plantation de la ripisylve (NDLR : la végétation qui borde les cours d’eau).
Une meilleure information des riverains sur les bonnes pratiques en bordure du cours d’eau (stockage, déchets, etc.) a été identifiées comme un levier d’actions prioritaire.
Enfin, la reméandration et les solutions favorisant le fonctionnement naturel des cours d’eau sont encouragées lorsque les conditions locales le permettent.
En conclusion, les échanges ont fait émerger trois priorités:
- renforcer la coordination à l’échelle du bassin versant,
- partager les connaissances et les moyens disponibles,
- et développer des actions coordonnées associant prévention, aménagement du territoire, gestion des cours d’eau et préparation aux crises.
Ces réflexions alimenteront les futurs plans d’action régionaux et contribueront à renforcer la résilience des communes et des citoyens face aux inondations ainsi qu’aux défis liés à la gestion de l’eau.

