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La lutte contre les espèces exotiques envahissantes

7 Déc,2020 | Plantes invasives

Qui n’a jamais été confronté aux Espèces Exotiques Envahissantes (EEE), également appelées « espèces invasives » ? Aujourd’hui, leurs nuisances se répercutent sur notre économie, notre société, notre écologie.

Le CRSA a récemment organisé des séances d’informations sur le sujet : 106 agents de 16 communes partenaires ont pu apprendre comment les reconnaitre et comment les gérer.

 

Qu’est ce qu’une espèce exotiques envahissante (EEE) ?

En Wallonie, la Cellule interdépartementale Espèces invasives (CiEi) du Service Public de Wallonie (SPW) prend des mesures afin d’en limiter les nuisances depuis 2009. En 2016, l’Union Européenne se dote pour la première fois d’un outil afin de coordonner à large échelle la prévention de l’introduction, l’éradication et/ou la limitation de l’expansion de ces espèces. Mais de quelles espèces s’agit-il au juste ? Pourquoi sont-elles nuisibles et quelles sont concrètement les actions menées ?

Par définition, une EEE est à la fois exotique, et envahissante. Les renards roux sont plus qu’envahissants, mais bien indigènes, et ne rentrent donc pas dans cette définition. Tout comme Xing Hui, le panda géant de Pairi Daiza qui est effectivement exotique, mais loin d’être envahissant.

Les EEE empruntent divers chemins pour arriver jusqu’à nous. Certaines espèces ont été délibérément introduites, comme les coccinelles asiatiques afin de gérer les populations de pucerons. Elles concurrencent aujourd’hui surtout nos coccinelles indigènes. D’autres introductions sont accidentelles, c’est le cas du crabe asiatique qui se cachait dans des lots de rempoissonnement des lacs et rivières. Enfin, certaines espèces migrent naturellement, depuis un autre pays où elles ont préalablement emprunté un des deux précédents chemins. Par exemple le raton laveur, introduit en Europe pour sa fourrure, qui aujourd’hui a déjà atteint la Belgique et se propage sur tout le territoire.

 

 

Le prix à payer est lourd, et les dégâts sont variés. Les espèces indigènes ne sont pas équipées pour faire face à l’assaut, et perdent pied. Les écureuils roux sont décimés par un virus porté par l’invasif écureuil gris qui lui, n’y est pas sensible. Les étangs sont asphyxiés sous la masse prolifique de plantes, ironiquement introduites dans le but d’« oxygéner » les aquariums. Des citoyens sont sévèrement brûlés s’ils ont le malheur d’avoir de la sève de Berce du Caucase sur la peau, en plein soleil.

L’Union Européenne a établi une liste d’espèces cibles jugées préoccupantes pour l’Union, et pour laquelle des actions sont menées. Cette liste est consultable sur le site du SPW  http://biodiversite.wallonie.be.

 

Les méthodes de gestion

Comment faire face à un tel assaut ? Comment pouvez-vous agir à votre échelle ?

La  première étape est d’éviter à tout prix que ces espèces ne soient introduites intentionnellement. Par exemple, en ne vidant pas les aquariums dans les étangs, et/ou en ne « libérant » pas les tortues lorsqu’elles deviennent trop grandes, …

Ensuite, une attention particulière doit être portée aux éventuels passagers clandestins, en nettoyant convenablement le matériel de pêche avant de quitter le site, ou encore en nettoyant l’hélice des bateaux avant de retourner au port.

Si, malgré cette prévention, les EEE s’implantent, il est important de savoir où et quand : ces informations aident les autorités compétentes à agir convenablement. Si vous pensez avoir repéré une EEE, vous pouvez l’encoder sur le site https://observations.be/, et ainsi apporter votre précieuse contribution dans ce combat.

Lorsque les espèces sont émergentes, il est encore temps de les éradiquer avant qu’elles n’envahissent un trop grand territoire. C’est notamment le cas de l’écureuil à ventre rouge (espèce invasive) qui était présent dans un parc urbain en Flandre, et dont les 248 individus ont été piégés à temps, mais pour un coût néanmoins non négligeable de 200.000 €.

Lorsque les espèces sont profondément établies, on parle alors de les « gérer » afin de les contenir et de limiter leurs dégâts. C’est le cas de la bernache du Canada qui, au grand dam des agriculteurs, peut ravager un champ de petits pois en un temps record. La gestion passe par la chasse, mais également par d’autres mesures plus douces telles que la stérilisation des œufs en les secouant. A votre échelle, vous pouvez simplement éviter de les nourrir, car cela participe à leur surabondance d’une part, et, d’autre part, cela peut nuire à la santé des oiseaux indigènes.

Enfin, un des axes de la lutte contre les EEE est la sensibilisation. En effet, il est important que chacun comprenne les tenants et aboutissants de cette problématique, et sache comment agir au mieux à son échelle.

Les actions du CRSA dans la lutte contre les EEE.

Le Contrat de Rivière Sambre et Affluents propose plusieurs actions pour participer à cette lutte.

  • Des sessions d’arrachage de la balsamine de l’Himalaya sont prévues chaque été avec l’aide d’étudiants jobistes, engagés pour leur intérêt pour les cours d’eau.
  • Des plans de gestion des renouées asiatiques sont mis en place en collaboration avec nos partenaires.
  • Nous participons également à l’arrachage des berces du Caucase.

Récemment, nous avons également lancé une série de séances d’information sur les EEE auprès des personnes de terrain de chaque commune, afin que chacun ait les outils pour poser les actions appropriées.

Et vous, qu’allez-vous faire ?

 

 

 

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